Vers la disparition du CIF, spécialisé dans les prêts immobiliers aux ménages modestes

Lundi dernier, des centaines de salariés du Crédit Immobilier de France ont manifesté à Paris pour dire non à l’extinction de l’établissement bancaire spécialisé dans les prêts immobiliers aux ménages modestes. Gérald Parent, secrétaire du comité de groupe et délégué syndical UNSA a déclaré qu’ils veulent savoir s’ils vont vers l’extinction définitive du CIF ou vers une relance de l’établissement sur leur cœur de métier, dont l’accession sociale à la propriété des ménages modestes.

Selon l’intersyndicale, entre 800 et 1 000 personnes ont manifesté de la gare Montparnasse (14ème) au ministère du Logement, rue de Varenne (7ème), où une délégation devait être reçue à 14h30 par la ministre Cécile Duflot. Une réunion déterminante sur l’avenir de l’établissement devait également se dérouler à l’Elysée pendant la manifestation, en présence du PDG Michel Bouvard, mais cela a été reporté, à la demande du Trésor, toujours selon Gérald Parent. Cette réunion doit permettre d’étudier une alternative à la mort programmée du Crédit Immobilier de France (CIF), sous perfusion de l’État depuis plusieurs mois déjà.

Garantie de l’État et gestion en extinction

Ida Magneron, déléguée syndicale du SNB-CFE-CGC précise : Nous attendons l’autorisation du gouvernement de créer un nouvel établissement d’intérêt général qui pourrait être adossé à un organisme tel que la Caisse des dépôts et des consignations. En effet, le Crédit Immobilier de France (CFI) emploie 2 500 personnes, et depuis fin août, cet établissement de prêts immobiliers pour les familles modestes a dû se résoudre à demander la garantie de l’Etat, l’abaissement de sa note par l’agence Moody’ s l’empêchait de se refinancer sur les marchés. En échange de cette aide, le gouvernement a imposé au CIF une gestion en extinction, c’est-à-dire, sans possibilité d’accorder de nouveaux prêts.

Ainsi, les salariés, venus de toute la France, ont défilé dans le calme sous des banderoles où l’on pouvait lire Crédit Immobilier de France tué, le logement social enterré, ou encore CIF : mission d’intérêt public. Un employé qui travaille depuis 23 ans au CIF déclare, dans un soupir : Si nous disparaissons, les banques n’accepteront jamais de financer les ménages modestes, qui resteront en location toute leur vie. En effet, le Crédit Immobilier de France prête aux ménages modestes qui n’ont pas d’apport, et parfois au-delà de la valeur hypothécaire du bien. Christophe Buniet, directeur du CIF Nord a dit : Moody’s dit que notre modèle est trop risqué, or le CIF est une entreprise qui gagne de l’argent, qui a des ratios de profitabilité importants et qui a des clients.