Tunisie : La décision de rationalisation de crédits à la consommation a créé la panique

La circulaire portant sur la rationalisation des crédits à la consommation crée une polémique en Tunisie. Les Tunisiens ne se sentent pas en sécurité, notamment la classe moyenne. La Banque Centrale de Tunisie a pris la décision de rationaliser les crédits. De cette manière, le pouvoir d’achat des Tunisiens est remis en question. De plus, le système D, si cher aux Tunisiens est mis en péril, alors que cela leur permettait d’assurer un certain niveau de vie.

Vers la rationalisation des crédits à la consommation

Heureusement, la Banque Centrale de Tunisie vient de démentir catégoriquement via un bref communiqué, qu’il n’y a aucune intention d’annuler la possibilité d’utilisation du découvert, communément appelé rouge. Et ce, même si ces avances accordées par les banques sur les salaires et qui constituent des facilités ponctuelles remboursées lors du versement des salaires ne sont pas, systématiquement, des droits à faire valoir. Quant aux crédits à la consommation, ils seront tout simplement rationalisés.

La Banque Centrale joue le rôle de gendarme

Dans une place financière souffrant de plusieurs maux, la Banque Centrale de Tunisie essaie de remplir ses attributions : en jouant le rôle de gendarme. En effet, les banquiers ne verraient pas tous cette rationalisation comme une bonne décision. Les produits à la consommation apportent beaucoup aux banques, car ce sont des crédits faciles à recouvrir, non-risqués et bien primés. Ainsi, les banques courent derrière les crédits à la consommation, et cela a un effet d’éviction des crédits professionnels.

En annonçant la décision de prendre des mesures visant à réduire l’importation des produits de luxe et à encadrer le crédit, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a l’intention de dissuader l’utilisation des crédits à la consommation pour l’achat de ces mêmes produits, bref, en rationalisant le crédit.

De cette manière, le gouverneur de la BCT pense pouvoir réduire en urgence le déficit commercial provoqué par l’accroissement des importations. Ce déficit a atteint 9 milliards de dinars durant les 9 premiers mois 2012, niveaux intolérables selon l’expression de M. Ayari.

Effet boomerang de la décision de la BCT

Ainsi, cette déclaration a créé un état de panique chez les consommateurs, les importateurs, les revendeurs, les spéculateurs… Fort heureusement, ces crédits à la consommation ont finalement progressé au mois d’août 2012, de 1,8 MD, correspondant à 15% de progrès par rapport à la même période en 2011. Les Tunisiens n’ont retenu dans la décision de la BCT que les aspects touchant directement sa vie personnelle : sa bourse et son niveau de vie. Au moins, la BCT aurait fait sonner la sonnette d’alarme. Le gouverneur de la BCT s’est ainsi contenté de remplacer une circulaire datant des premiers jours de l’ancien régime par la circulaire n° 2012-17 du 04 octobre 2012 portant sur les mesures relatives aux crédits à la consommation.